REVUE DE PRESSE
Immense succès de Skyrock Network : 10 millions de blogs Skyrock actifs!
Avec plus de 10 millions de blogs actifs(1), Skyrock Network s’impose comme le premier réseau social européen des moins de 25 ans(2).
Skyrock network doit ses résultats aux millions d’internautes qui ont publié, à ce jour, plus de 438 millions d’articles sur la plateforme et participent activement à la conversation avec, au mois de juin, en moyenne, plus de 3,6 millions de commentaires postés par jour(3).
Ce véritable engouement de la nouvelle génération pour Skyrock Network est visible au travers des 853 046 blogs créés sur le seul mois de juin et des 2,8 millions profils(1) présents sur la plateforme.
On retrouve cette même dynamique conversationnelle autour des 82468 titres présents sur les Blogs Skyrock Music ou encore des 12 millions de vidéos accessibles sur l’ensemble de la plateforme(3).
Les nouvelles versions anglaise, allemande, espagnole et néerlandaise de Skyrock.com, rencontrent déjà un vif succès. Skyrock Network a ainsi enregistré, en juin, plus de 304 millions de visites dans le monde entier(4).
(1) Source interne au 19 juillet 07- blog Skyrock actif: blog modifié ou visité dans les 90 derniers jours.
(2) Comscore Media Metrix – Europe – Mai 2007 – Cible 15-24 ans – Catégorie Social Networking – ranking en visites – Property Skyrock Network
(3) Source interne au 19 juillet 07- blog Skyrock actif: blog modifié ou visité dans les 90 derniers jours.
(4) Comscore Media Metrix – Europe – Mai 2007 – Cible 15-24 ans – Catégorie Social Networking – ranking en visites – Property Skyrock Network
(5) Source interne juin07
(6) Comscore Media Metrix – Monde – Juin 2007 – Cible ensemble – Top 100 Propoerties – Visites – Property Skyrock Network
Fondateur de Skyrock, Pierre BELLANGER revient sur le succès de Skyblog, son modèle économique, et ses développements dans la musique en ligne.
Interview réalisée par Jérôme Bouteiller -Neteconomie.com, le 06/12/2006
JB - Pierre Bellanger bonjour. En quelques années, votre groupe a réussi à créer la première plate-forme française de blogs. Comment expliquez-vous ce succès? La promotion croisée à l'antenne ou la simple duplication de la recette communautaire de votre radio sur le net ?
PB - L’ADN de Skyrock c’est la liberté d’expression, c’est la parole à tous. Avec Difool, avec le rap et aujourd’hui avec l’Internet, c’est toujours cette émancipation de l’expression de la nouvelle génération qui nous anime.
JB - Selon Forrester, la France ne compte qu'un million de bloggeurs actifs or votre plate-forme SkyBlog revendique à elle seule plus 6 millions de comptes. Comment expliquez-vous cet écart ? De quelles statistiques disposez-vous sur votre audience et son comportement ?
PB - La réalité aujourd’hui c’est 6 230 000 skyblogs actifs (au 6 décembre), c’est-à-dire consultés ou modifiés dans la dernière période de 90 jours. Certains internautes disposent de plusieurs skyblogs, certains skyblogs sont des œuvres collectives. Par ailleurs, un quart des skyblogs est extra-français. Les diverses études ne peuvent procéder que par estimations et ordres de grandeur, d’où les écarts.
JB - Malgré sa puissance en terme d'audience, SkyBlog semble vivre de manière autonome sur la toile. Le PageRank de votre site ne dépasse pas 6, vos blogs les plus populaires culminent à 3 ou 4 et n'apparaissent pas dans Google ou Technorati. Allez-vous travailler sur "l'ouverture" des Skyblogs au reste de la blogosphère, peut-être en ajoutant des flux RSS ou en améliorant pings et référencement ?
PB - La croissance très rapide de notre plateforme, 2.6 millions de visiteurs uniques chaque jour et 3.5 milliards de pages vues en octobre (nous sommes le 29ème site mondial en pages vues), nous a conduit à privilégier l’expérience utilisateur afin de maintenir et d’accroître notre qualité de service. L’aboutissement de l’effort en cours nous permettra de mieux travailler l’année prochaine les flux RSS, les permalinks et le référencement.
JB - Vous avez lancé récemment les Skyblogs Music. Est-ce une manière d'éclipser MySpace au moment de son lancement en France ou un retour aux sources pour votre groupe et l'occasion de multiplier les synergies avec vos radios ?
PB - Notre centre de gravité n’est pas la concurrence mais les demandes de notre communauté. La musique fait partie de l’expression et de l’identité, elle devait donc trouver sa place sur les skyblogs. Pour résoudre la problématique des droits, nous avons ouvert la plateforme à l’expression directe des artistes et c’est un franc succès avec, d’ores et déjà, plus de 30 000 morceaux en ligne dont certains ont été écoutés plusieurs centaines de milliers de fois. Il est clair que l’équation : première radio des 13-24, premier site des 13-24, premier diffuseur de nouveautés francophones et moteur culturel de la révolution rap-rnb est exceptionnelle. Cela ouvre un champ des possibles inimaginable il y a encore 5 ans.
JB - Pour la monétisation de Skyblog, vous utilisez des bannières, des liens sponsorisés mais également des blogs publi-rédactionnels. Quels sont les formats les plus appréciés des annonceurs ? Pourriez-vous également rémunérer les skybloggeurs les plus actifs ou au moins les laisser afficher leurs propres bannières ?
PB - Le format publicitaire le plus apprécié pour la diffusion est le pavé. Pour entrer dans la conversation électronique, les skyblogs officiels (le terme de publi-rédactionnel appartient à la presse écrite et ne correspond pas du tout à notre modèle) sont un moyen clair et pratique, de plus en plus employé par nos annonceurs notamment en complément d’une campagne de diffusion traditionnelle radio et web. L’essentiel des skyblogs a pour motivation une expression gratuite ce qui garantit une vraie liberté de ton et une crédibilité sans contraintes. Cependant, certains pourraient souhaiter développer une activité lucrative autour de leur audience, nous réfléchissons à des initiatives en ce sens.
JB - Avant votre rachat par Axa Private Equity, beaucoup d'analystes imaginaient la vente de Skyblog à un leader comme MySpace. Quelle est votre ambition pour Orbus ? Poursuivre votre expansion dans l'internet en capitalisant sur les contenus autoproduits par les internautes ou rester un groupe audiovisuel "plurimedia" ?
PB - L’alliance avec Axa Private Equity, qui m’accompagne désormais, est bien plus qu’une relation financière. Axa Private Equity, par ses investissements dans les sociétés de nouvelles technologies comme Iliad/Free, Modelabs, TEN et d’autres, dispose d’une véritable expertise en la matière, et de ce fait, est un partenaire de croissance et de développement. Nous pensons qu’une demi-douzaine de réseaux sociaux vont s’affirmer au niveau mondial et nous serons l’un d’entre eux, leader sur la nouvelle génération. Ce développement international se fera soit organiquement, soit par de nouvelles alliances. Nous avons, en France, créé une radio-communauté radio-web-mobile qui est un modèle de netamorphose, c'est-à-dire de mutation d’un média analogique en une plateforme interactive. A l’étranger, en zone d’expression francophone, notre service a démontré sa capacité à fédérer et à réussir indépendamment de tout soutien média comme en Belgique, au Maroc ou au Canada. Nous ouvrons nos versions anglaise, allemande et espagnole en 2007.
La radiocommunauté
26 novembre 2004
- Il y a quelques jours, il y a eu une panne à la radio. Le service qui nous permet de recevoir dans les studios de la radio les SMS que les auditeurs nous envoient s’est subitement interrompu. Nous en recevons dix mille par jour. C’était la panique, on auraitdit que la radio était arrêtée.
Cette anecdote montre ce que nous sommes devenus et, en quelques années, la place qu’a prise la relation symbiotique que nous avons avec nos auditeurs.
Skyrock est la seconde radio musicale nationale et la première radio des treize-vingt quatre ans – la nouvelle génération – avec plus de quatre millions d’auditeurs chaque jour.
La nouvelle génération à laquelle nous nous adressons et la première génération de la révolution Internet et de la révolution de la téléphonie mobile. Quatre-vingts pour cent de nos auditeurs ont accès à Internet et quatre-vingts dix pour cent ont un téléphone mobile.
Alors que nous arrivons dans le monde numérique avec notre passé vécu dans le monde analogique, la nouvelle génération y grandit. Pour reprendre la métaphore de Marc Prensky, nous serons toujours des émigrés de l’analogique dans un monde numérique alors qu’eux en sont les natifs.
Ce sont donc les pratiques de cette nouvelle génération numérique qui sont le meilleur indicateur de ce que la société tout entière va devenir.
La radio traditionnelle est un point d’émission agrégeant un nuage d’anonymes appelés collectivement audience. Cette population abstraite est définie par sa fonction passive d’écoute, comme un récipient est défini par sa fonction passive de contenant. Dénombrée par extrapolation de sondages réguliers, ses comportements d’écoute sont ainsi supposés tandis que sont statistiquement cernés quelques critères socio-économiques pour tenter de la définir. Le métier de la radio fonctionne ainsi depuis trois quarts de siècle.
Ce modèle est celui des médias de masse électroniques du XXe siècle, c’est le modèle de la diffusion.
Nous pensons qu’Internet révolutionne cet âge de la diffusion. Car l’Internet n’est pas seulement un nouveau moyen de diffuser des informations comme l’imprimerie n’est pas seulement un moyen supplémentaire de recopier la Bible.
La puissance d’Internet réside dans le réseau social d’échange électronique qu’il permet : en un mot, la force d’Internet c’est la conversation. Le XXe siècle a été l’âge de la diffusion, le XXIe est l’âge de la conversation.
La radio dans cette dynamique devient l’agrégateur d’une audience qui d’un nuage de points anonymes se mue en un réseau social en conversation permanente avec lui-même
et avec la radio.
Le modèle vertical de l’émetteur unique rayonnant à destination de récepteurs multiples et muets évolue en un modèle horizontal d’un maillage d’émetteurs-récepteurs qui se superpose au modèle initial.
En chiffres, qu'est-ce que cela donne ?
Sur Internet, la famille des sites de skyrock.com a réalisé pour le mois de novembre 2004 les scores suivants : plus de sept cents millions de pages vues, trente et un millions de visites et cinq millions et demi de visiteurs uniques, soit environ cinq cents à six cent mille visiteurs chaque jour. Ces performances nous placent parmi les meilleurs résultats nationaux.
- Notre service de journaux personnels en ligne - skyblog.com – rassemble un million cent cinquante mille skyblogs actifs, reçoit et publie plus de deux cent mille nouveaux articles
chaque jour. Chaque jour sont créés de deux à trois mille nouveaux skyblogs.
Les performances sur les accès par téléphonie mobile, notamment nos services de messagerie directe textuelle - chat - par SMS sont tout aussi spectaculaires.
Notre radio n’est plus une radio traditionnelle, elle est devenue une radiocommunauté.
Nous formons avec la communauté électronique web et mobile un tout indissociable.
L’Internet n’est pas un moyen de diffusion, c’est une part organique de la radio.
Recevant au total plus de deux cent cinquante mille messages électroniques de toute nature par jour en provenance de la nouvelle génération, nous sommes au coeur d’une
ressource d’informations inégalées par quiconque. Chaque jour nous sommes en contact avec les plus de treize-vingt-quatre que tous les sondages sur cette génération effectués chaque année. Il s’agit là d’une rétroaction en temps réel avec une population entière.
C’était inimaginable il y a dix ans.
La radiocommunauté se construit d’abord et à partir et autour du programme radio qui en est le fédérateur, ce processus ressemble à la manière dont la nacre s’enrobe autour d’un noyau pour constituer progressivement une perle. La rétroaction de cette
radiocommunauté est aujourd’hui aussi importante pour nous que l’électricité.
La plateforme ne cesse de permettre des échanges, des rencontres, des dialogues. C’est une communauté générationnelle réunie par un média et interconnectée par une
interface logicielle culturelle. Et ce qui est incroyable, c’est que pour l’actuelle génération c’est normal. C’est plutôt notre modèle traditionnel centralisateur, impérial et autiste qui
fait peur et deviendra peu à peu incompréhensible.
Cette nouvelle génération est la première qui s’affranchit dans ses échanges de la tutelle et de l’intermédiation des adultes. C’est la première fois qu’une génération a accès à ellemême
et à sa propre parole sans filtre et avec le même pouvoir que ses aînés, voir plus, car ces aînés-là ne maîtrisent pas toujours l’outil.
Le blog est le moyen de publication le plus facile et le moins cher qui n’ait jamais existé et que se combine au meilleur réseau de distribution d’information qui n’ait jamais existé : l’Internet.
La barrière d’entrée au média est abolie. Les blogs sont comme ces manifestants debout en 1989 sur le mur de Berlin. C’est pour la nouvelle génération un extraordinaire accélérateur et amplificateur de sa culture métissée, hip-hop et mondiale.
La conversation électronique entre égaux devient le premier vecteur d’informations vraies, d’échanges transparents et coopératifs. La parole de personne à personne pèse
plus que tout autre.
Le téléphone mobile est une révolution tout aussi importante. Skyrock a trois heures de direct avec ses auditeurs chaque jour et ceux-ci n’appellent plus en cachette du salon
pendant que les parents dorment. Ils appellent de partout et à tous moments. Avec un téléphone mobile, on devient soi-même une radio. Chaque téléphone mobile est un micro
pour passer à la radio. Lors des matches de foot, les commentaires sont faits à l’antenne en direct par les auditeurs eux-mêmes qui appellent avec leur mobile depuis les gradins mêmes des stades pour hurler les scores.
Pour l’auditeur, l’internaute, la radiocommunauté est un lien social puissant. Il n’est plus seul : le partage et la solidarité réconfortent. Quatre-vingts pour cent du trafic sur nos sites résultent de la consultation de contenus créés par des skynautes ou d’échanges
entre eux. La rupture avec le monde adulte, la revendication d’autonomie et les choix culturels sont enrichis et validés par d’innombrables semblables. La force de frappe
média du monde adulte n’est pas capable de rivaliser. La nouvelle génération est en situation de contrôle de son expression. Elle se connecte à quelque chose de vivant : elle-même.
La loi de Metcalfe dit que la valeur d’un PC croit d’une puissance « n » lorsqu’il se connecte à un réseau de « n » PC. Un téléphone déconnecté du réseau ne vaut rien, branché il vaut tout. Nous pensons que l’émancipation de l’individu est également
proportionnelle à la taille du réseau auquel il se connecte. Avec Internet, cela change tout.
Le sociologue Gustave Le Bon avait à la fin du XIXe siècle dans son ouvrage « La psychologie des foules » montré comment la foule engloutit l’individu et transforme une somme d’intelligences en une masse suggestible et violente. Aujourd’hui les sociologues
parlent, au contraire, de « foules intelligentes ». Car le réseau interactif, au lieu de réduire, augmente et démultiplie le produit des intelligences concertées. Le réseau a toujours plus de chances que vous d’avoir raison. Le mille-pattes de la foule est devenu
le mille-têtes du réseau. Et cette dynamique collaborative devient la force d’une génération entière.
Réussir une communauté électronique est un métier aussi dur que de réussir une radio, cela nécessite un énorme travail, beaucoup de talents et des compétences diverses. Une
parole sans réponse est une parole qui meurt. La récompense, c’est la réponse, la prise en compte, le retour, la mesure. Être un média communautaire signifie sans cesse faire disparaître l’unilatéral, sans cesse boucler avec la communauté : commentaires sur les messages, commentaires sur les commentaires, réponses aux commentaires, classement
des commentaires, commentaires sur le classement …
IL faut tout mesurer, tout montrer, chaque connecté doit vivre et participer aux pulsations de l’ensemble à chaque instant. La reconnaissance, le partage, la mise en avant, la valorisation sont fondamentaux. Cette reconnaissance est la monnaie
communautaire.
Ce travail de mariage du code informatique et du code culturel se soumet de lui-même au regard critique de la communauté qui contribue à la modération, au contrôle des abus
et inspire sans cesse de nouvelles innovations.
En termes économiques, notre modèle de financement par la publicité - le programme est gratuit, mais l’accès à l’audience qui l’écoute est payant – s’augmente d’une nouvelle
dimension : la rémunération de l’accès à la communauté par les terminaux mobiles. Le chiffre d’affaires de la radio devrait être d’environ vingt-cinq millions d’euros en 2004,
l’interactivité représente près de quatre millions d’euros soit un peu plus de quinze pour cent du chiffre d’affaires. Elle devrait dépasser la barre des cinquante pour cent entre
cinq et dix ans.
En termes publicitaires, le volet classique de la diffusion, une campagne de messages publicitaires par exemple, s’améliore d’un volet conversationnel : forum en ligne dédié à
la marque, skyblog de marque. Un message publicitaire sans prolongement conversationnel sera demain aussi incongru qu’une publicité presse sans adresse Internet ou qu’une carte de visite sans e-mail.
La publicité perd aussi son unilatéralité. Savoir pour une marque ce qui se dit sur elle au travers de milliers de commentaires publiés citant ses produits est une ressource marketing unique.
Pourra-t-on demain être une radio sans être une radiocommunauté ? J’en doute. Nous avons été métamorphosés, « net »-amorphosés. Nous ne sommes plus une radio qui a
des auditeurs, mais des auditeurs qui ont une radio. - C’est peut-être la meilleure chose qui pouvait nous arriver.
Je vous remercie.
Pierre Bellanger
© Pierre